RIP & KIT (rest in peace and keep in touch)

L’homme d’aujourd’hui est capricieux, il se bricole sa petite spiritualité

 

Exposition dans le cadre du festival Art Souterrain 2015 et de la Nuit Blanche au Palais des congrès de Montréal, du 28 Février au 15 Mars 2015. Thème du festival: Sécurité: que reste-t-il de nos espaces de liberté?

 

La question d’une sécurité excessive, de la menace de nos espaces de liberté, m’amène à traiter un sujet d’actualité avec ironie. Le sujet de la communication post-mortem est au cœur de polémiques, de batailles juridiques et de réflexions philosophiques. Jusqu’où internet et nos élans communicationnels nous emmènent et vont nous chercher là où la nature nous fait disparaître ? Mon projet a pour but d’exprimer visuellement un paroxysme. L’adresse de notre blog va-t’elle devoir cohabiter avec notre épitaphe ?

De nombreux dispositifs de sécurité sont mis en place pour assurer la protection des citoyens. Au delà d’être destinés à éviter des incidents et à anticiper nos actions, leur multiplication témoigne de la peur du danger et par là du refus de l’idée de mort et d’extinction de l’humanité. La science n’a pas encore tué la mort mais elle nous permet d’agir sur le moment de sa venue et sur les souffrances qui la précèdent. C’est en partie la lubie de la maîtrise qui s’exprime ici. Notre désir d’immortalité est brimé par une existence limitée. La philosophie transhumaniste, dans sa quête de transcendance du corps humain par la technologie, en est un marqueur actuel. C’est dans ce contexte que Facebook continue de notifier les dates anniversaires de personnes décédées, qui chaque année reçoivent à cette occasion des messages d’affection de la part de leurs amis. Le nombre de sites internet commémoratifs proposant de découvrir la nécrologie de défunts en retraçant leurs histoires, leurs vies, leurs parcours ne cesse d’accroitre. D’autre part, des batailles judiciaires sont engagées entre familles en deuil et hébergeurs de comptes mail.

Malgré l’apparition d’espaces de recueillement virtuels, nous avons besoin de définir des lieux physiques pour le souvenir. L’envie de faire dialoguer ces deux formes de commémoration alimente mon projet. L’installation présente une série de stèles, chacune gravée d’une épitaphe et/ou d’une illustration faisant allusion au monde numérique et à nos façons d’être connectés les uns aux autres. Mon projet n’est pas funeste, il reformule une pratique active dans le monde virtuel, sous une forme visuelle. Il s’agit de provoquer un trouble, un bouleversement. Ce déplacement émotionnel va permettre d’engager des débats sur ces nouvelles coutumes. Je ne cherche pas à apporter des réponses mais plutôt à susciter des réflexions :
Cette nouvelle forme de présence virtuelle est-elle un nouveau signe de la captivité dans laquelle nous plonge notre besoin de tout maîtriser ?
Se prive-t’on de l’espoir ultime d’une délivrance en fabriquant des nouvelles formes de représentation de la mort qui tendent à nier son inexorabilité ?
Est-ce pour nous créer une condition postmortelle que nous développons des formes de théâtralité virtuelle en laissant des traces dématérialisées ?
Que craindre dans ces apparitions numériques ? Va-t’on devoir penser à les sécuriser ?

 
photomontage intégration du projet à l’espace d’exposition
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exemples d’épitaphes
 
Žpitaphes

 
maquette en carton avec QR Code
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premier moule en bois
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essais de matières pour coulage des stèles
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première coulée de stèles en ciment de portland
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Vendeur de rêves

Projet de résidence de création du 1er Mars au 30 Avril 2015, aux Ateliers du Vent à Rennes, France.

 

Le projet Vendeur de rêves trouve sa place sur un territoire en chantier, où tout semble encore possible car pas fini. Je m’appuie sur cet environnement pour proposer des alternatives représentée dans des projets fictionnels qui utilisent l’imagerie et les codes des constructeurs et promoteurs immobiliers. Pour cela, j’utilise des panneaux publicitaires tels qu’on en voit au bord de chantier de construction. Ces panneaux sont le reflet du futur, ils sont la projection de ce que va devenir le territoire sur lequel ils sont implantés. Je me sers de cette fonction qui est admise pour y apposer mes propres désirs. Bien que leur fonction soit détournée, je fabrique et j’installe ces éléments dans une forme de réalisme pour créer un trouble et instaurer un dialogue entre réalité et fiction. De cette manière, l’œuvre devient agitateur de réflexion. C’est cette tension entre un objet qui semble authentique et une image, sortie d’une carte postale comme une promesse d’utopie, qui va provoquer le trouble.
Depuis plus de deux ans, la Zac Claude Bernard/ Alexandre Duval, à Rennes, est balisée par de nombreux panneaux 4×3 annonçant dans des « images de rêve » la construction d’un nouveau quartier. Les bâtiments sont sortis de terre, les habitants commencent à emménager. C’est dans ce contexte où les fantasmes ont été réalisé que l’installation Vendeur de rêves vient vérifier que nous sommes toujours porté par des désirs en interrogeant nos aspirations pour ce territoire maintenant humanisé. L’installation est constituée de plusieurs panneaux 4×3, disséminés dans les zones de passage des usagers. L’implantation va nécessiter une première étude qui repose sur l’observation des déplacements des habitants dans leurs espaces de vie publics. Il s’agit d’imaginer la contextualisation des panneaux pour qu’ils aient un impact fort, qu’ils soient lisibles de manière immédiate et qu’il y ai une forme d’adéquation (dans l’absurdité) entre l’image qui est présentée et son emplacement.
Il me semble que nous pouvons bouger et penser librement même dans un monde raté. J’affirme la possibilité de corriger l’esthétique publique en accompagnant les mutations urbaines avec des projets qui interrogent nos désirs.

 

images d’intention sous forme de dessins vectoriels
 
 
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image de rve 02

 
 

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Mineral

Exposition du 5 Juin au 30 Novembre 2015, Coda Paper Art, Coda Museum, Apeldoorn, Pays Bas.

 

photos de la maquette échelle 1/20ème.

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